La question du salaire devient de plus en plus importante dans le monde du travail. En France, de nouvelles règles liées à la transparence des rémunérations doivent donner davantage d’informations aux salariés sur leur propre salaire et sur celui des postes comparables.
Le spécialiste des ressources humaines José Canseco a récemment évoqué les difficultés liées aux salaires et à l’évolution du marché du travail. Dans le même temps, le gouvernement français a présenté en septembre 2026 un projet de loi destiné à transposer en droit français la directive européenne sur la transparence salariale.
Une nouvelle étape pour connaître les salaires
La directive européenne sur la transparence des rémunérations a été adoptée en mai 2023. Les États membres devaient la transposer dans leur droit national au plus tard le 7 juin 2026.
En France, cette transposition est actuellement engagée. Un projet de loi a été présenté en Conseil des ministres le 10 septembre 2026. Il doit encore être examiné par le Parlement avant de devenir définitivement applicable.
Le changement concerne notamment les informations auxquelles les salariés pourront avoir accès concernant leur rémunération et celle des personnes qui occupent un poste comparable.
Il faut donc distinguer deux choses : les règles déjà en vigueur aujourd’hui et les nouvelles règles prévues par le projet de loi.
Ce qu’un salarié pourra demander sur sa rémunération
L’un des changements importants concerne le droit à l’information. Le salarié pourra demander des informations sur son propre niveau de rémunération ainsi que sur les niveaux moyens de rémunération des personnes qui effectuent le même travail ou un travail considéré comme ayant une valeur comparable.
Les informations devront être présentées de façon à permettre une comparaison sans révéler inutilement le salaire individuel d’un collègue.
Les principaux éléments prévus sont les suivants :
- le niveau de rémunération du salarié ;
- les niveaux moyens de rémunération pour des postes comparables ;
- les critères utilisés pour déterminer les salaires ;
- les critères utilisés pour faire évoluer la rémunération.
Le but est notamment de permettre aux salariés de mieux comprendre pourquoi deux personnes occupant des postes comparables peuvent avoir des rémunérations différentes.
Il ne sera pas question de connaître le salaire exact d’un collègue
La transparence salariale ne signifie pas que chaque salarié pourra consulter une liste indiquant le salaire exact de chaque personne travaillant dans l’entreprise.
Les informations devront respecter les règles de confidentialité. L’objectif est plutôt de permettre au salarié de connaître son niveau de rémunération et de le comparer avec une moyenne correspondant à une catégorie de travailleurs effectuant un travail identique ou de valeur comparable.
Cette distinction est importante. Elle permet de mieux comprendre les écarts de rémunération sans transformer les salaires individuels de chaque salarié en données publiques.
Les employeurs devront expliquer leurs critères
La transparence ne concerne pas uniquement les montants. Les entreprises devront également être capables d’expliquer les critères qui servent à fixer et à faire évoluer les rémunérations.
Ces critères doivent notamment être objectifs et ne pas être fondés sur le sexe du salarié.
Cela peut concerner des éléments liés aux responsabilités, aux compétences, à l’expérience ou à d’autres critères utilisés par l’entreprise pour déterminer le niveau de rémunération.
L’objectif est de rendre les différences de salaire plus compréhensibles et de pouvoir repérer plus facilement les écarts qui ne reposent pas sur des raisons objectives.
Ce qui changera dès le recrutement
La transparence doit également commencer avant même l’embauche.
Selon le projet de loi présenté en septembre 2026, les employeurs devront informer les candidats de la rémunération proposée ou d’une fourchette de rémunération correspondant au poste.
Les entreprises ne pourront également plus demander aux candidats combien ils gagnaient dans leur emploi actuel ou combien ils gagnaient auparavant.
| Situation | Ce qui est prévu |
|---|---|
| Candidature à un poste | Rémunération ou fourchette à communiquer |
| Ancien salaire du candidat | L’employeur ne pourra plus demander cette information |
| Salarié déjà en poste | Possibilité de demander des informations sur sa rémunération |
| Postes comparables | Accès aux niveaux moyens de rémunération prévus par le dispositif |
| Évolution du salaire | Les critères utilisés devront être plus transparents |
Ces nouvelles règles ne doivent toutefois pas être confondues avec une obligation générale de publier le salaire exact de chaque salarié.
Pourquoi José Canseco parle-t-il aussi de la question des salaires ?
José Canseco, spécialiste des ressources humaines, s’est récemment exprimé sur l’évolution du marché du travail en Espagne. Il a notamment mis en avant le problème des revenus jugés insuffisants pour certains travailleurs et le recours croissant au cumul de plusieurs emplois.
Selon son analyse, le niveau de salaire est devenu un sujet central pour une partie des actifs. Il souligne également les difficultés rencontrées par certains travailleurs de plus de 50 ans lorsqu’ils cherchent à retrouver un emploi stable.
Son intervention porte donc sur un contexte différent de celui de la nouvelle réglementation française. Il permet toutefois de rappeler pourquoi la question de la rémunération occupe une place importante dans les discussions actuelles sur le travail.
Une mesure qui vise notamment les écarts entre les femmes et les hommes
La directive européenne a pour objectif principal de renforcer l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes pour un même travail ou un travail de même valeur.
En France, le gouvernement indique que le nouveau dispositif doit notamment renforcer les moyens permettant d’identifier et de corriger les écarts de rémunération qui ne seraient pas justifiés par des critères objectifs.
Le ministère du Travail indique qu’en 2025, à temps de travail et poste comparables, l’écart de salaire en équivalent temps plein dans le secteur privé était encore de 3,6 %.
La transparence doit donc permettre de mieux repérer certaines différences et d’apporter davantage d’informations aux salariés.
Les nouvelles règles ne sont pas encore toutes applicables
Il s’agit d’un point important pour les salariés. Le projet présenté le 10 septembre 2026 n’est pas encore une loi définitivement adoptée.
Le texte doit maintenant suivre la procédure parlementaire. Les modalités finales et le calendrier précis d’application peuvent donc encore évoluer au cours de l’examen du texte.
Certaines règles sur l’égalité professionnelle et les rémunérations existent déjà en France, mais les nouveaux droits issus de la directive doivent être intégrés dans le droit français par cette procédure.
Ce que cela pourrait changer pour un salarié
Une fois le nouveau dispositif applicable, un salarié disposera de davantage d’informations pour comprendre sa situation salariale.
Il pourra notamment comparer sa rémunération avec le niveau moyen correspondant à des salariés effectuant un travail comparable et demander quelles règles sont utilisées pour déterminer les salaires.
Cette information pourrait être particulièrement utile lorsqu’un salarié prépare un entretien professionnel ou souhaite comprendre l’évolution de sa rémunération.
Elle ne signifie toutefois pas qu’une différence avec la moyenne donnera automatiquement droit à une augmentation. Une entreprise pourra avoir des raisons objectives expliquant certaines différences de salaire.
La transparence ne signifie donc pas que tous les salaires seront identiques
Deux personnes qui occupent des postes comparables peuvent avoir des rémunérations différentes pour des raisons qui doivent pouvoir être expliquées par des critères objectifs.
L’objectif du nouveau dispositif est surtout de rendre ces critères plus visibles et de faciliter l’identification des écarts qui ne peuvent pas être justifiés.
La rémunération restera donc liée aux règles de chaque entreprise, aux postes occupés et aux critères retenus, dans le respect du principe d’égalité de rémunération.
Ce qu’il faut retenir
Les salariés français vont progressivement disposer de nouveaux droits concernant la transparence des rémunérations. Le projet de loi présenté en septembre 2026 prévoit notamment la possibilité d’obtenir des informations sur son propre niveau de rémunération et sur les niveaux moyens correspondant à des postes comparables.
Les candidats à un emploi devraient également être mieux informés sur la rémunération proposée, tandis que les employeurs ne pourront plus demander l’historique salarial des candidats selon les nouvelles règles prévues.
Mais le texte n’est pas encore définitivement adopté. Les salariés doivent donc distinguer les droits déjà applicables des mesures qui entreront en vigueur après l’adoption et la mise en œuvre du nouveau cadre français.
L’idée centrale reste simple : mieux connaître les règles de rémunération doit permettre aux salariés de mieux comprendre leur salaire et les différences observées pour des postes comparables, sans pour autant rendre publics les salaires individuels de leurs collègues.